Finis les cauchemars, extrait de Quen’abel-Mikao

Finis les cauchemars

avec cet attrape rêve

tête de loup et bite de crabe

Finis les cauchemars

avec cet attrape rêve

queue de rats et yeux rayés

Finis les cauchemars

avec cet attrape rêve

Pluie d’étoiles et anus de castor

Finis les cauchemars

avec cet attrape rêve

Nouilles sautées et chamallows

Finis les cauchemars

avec cet attrape rêve

Peau d’anguille et laine de truite

Finis les cauchemars

avec cet attrape rêve

Os de sèche et sueur de nems

Finis les cauchemars

avec cet attrape rêve

Sang séché et crème d’amande

Finis les cauchemars

avec cet attrape rêve

Poison d’ananas et poils d’anacondas

Finis les cauchemars

avec cet attrape rêve

Salive de cyborg et sucs de vol-au-vent

Finis les cauchemars

avec cet attrape rêve

Purée de mouille et fraise tagada

Finis les cauchemars

avec cet attrape rêve

Placo de cosmos et patate obscure

Finis les cauchemars

avec cet attrape rêve

Coulis d’hormones et noix de cajou

Finis les cauchemars

avec cet attrape rêve

Pétard humide et miel d’acacia

Finis les cauchemars

avec cet attrape rêve

Fourrure d’abysse et nœud de mouches

Finis les cauchemars

avec cet attrape rêve

Finis les

Cauchemars

 

dispo à l’achat ici sur nos éditions (livret + cassette avec 13 morceaux) :
https://www.editions-nifaitniafaire.fr/quenabel-mikao-anael-de-quentin-sagot-anael-castelein/

dispo à l’écoute ici : https://soldatcyborg.bandcamp.com/album/quenabel-mikao

//Carrément// micro-salon à la maison de la poésie de rennes

de retour du micro-salon

Carrément

à la maison de la poésie de Rennes

j’ai posé le stand

j’ai posé les livres

j’ai posé les zines

j’ai posé une chaise

puis je me suis posé sur la chaise

il faisait beau

un temps où les chiens sont secs

comme des têtes d’autruche dans le désert.

 

Les données du réel à se mettre dans l’oreille

tant qu’à faire

tant qu’à avoir des oreilles

toutes prêtes toutes faites toutes

dé-recroquevillées

autant laisser croître un remblais de voix

un bon gros remblais de voix au creux

du silence

des lectures au rythme des poumons

au long des fibres nerveuses

des morceaux entre les dents et des dégringolades de langues

ce qui gonfle et se parsème

les textes les poèmes les

matières volatiles

les salives qui se mélangent un grand bain de

racines de foudres et de roches

une potion magique

au milieu d’un peuple de fantômes

des ravalements lumineux

intonations sur le fil du rasoir

naissance neuve nouvelle bagnole qui fait son chemin

dans des orages de velours

ça conforte quelque chose dans l’oreille à l’écoute

ça plonge au fond

dans le puisard

puis ça se faufile partout dans le corps

dans les galeries

les saiwes les sèves les serres

où tout pousse

de nous.

 

 

expérience proposée par Guillaume Richez

dont voici le site : https://chroniquesdesimposteurs.wordpress.com/author/guillaumerichez/

 

Bruital

Le bruit brutal

d’un ventilateur à gilet de sauvetage du Corsica Ferry Vizzanova

d’une cheminée du ferry Monte Oro

d’un poste de transformation haute tension de Bassat

d’une soufflerie d’usine abandonnée

d’un distributeur d’eau fraîche de la bastide des Joncas

d’une hotte de labo

d’une armoire réfrigérante de magasin bio

je sais ça fait déjà beaucoup de poésie

à mettre dans  ses oreilles

c’est ici

sur anthropophony

un site de création-recherche

de capture de parasites d’oreilles

développé par Caroline Boë

merci du coup

pour ce moment sans grâce

de graisse mal léchée

 

Retrouvez la collection ni fait ni à faire en librairie

Vous pouvez retrouver toute la collection

des livres ni fait ni à faire au chaud à la librairie

Les yeux qui pétillent

à Valenciennes

ça vous évite les frais de port et ça vous fait du sport

se mouvoir d’une jambe à l’autre

comme une espèce de bipède

ou des baguettes chinoises dans un

bò bún

sauce cacahuète trottoir

Publication de Quen’abel-Mikao

Démon de la fougère et des fourrages, entité extra-cosmique et ultra-sismique, totem qui injecte le monde dans le ciel et vice-versa, Quen’abel-Mikao, dieu des forêts perdu dans le désert, yokaï de Piquemole, s’est ouvert à l’esprit d’Anaël Castelein et Quentin Sagot pendant leurs vacances en Lozère où ils affrontaient les crocodiles du Doulou au bras de fer chinois.

Découvrez les poèmes et chansons inspirées de cette rencontre sous un format cassette avec 13 titres qui portent bonheur. En accompagnement, un livret graphique d’invocation de Quen’abel-Mikao, 40 pages contenant des illustrations faussement mésopotamiennes et un poème rituel.

13 euros en comptant les frais de port tout ça.
Pour écouter les chants on les retrouve sur Bandcamp :

Et pour choper go sur notre site 🙂
https://www.editions-nifaitniafaire.fr/quenabel-mikao-anael-de-quentin-sagot-anael-castelein

Extrait de « Lirisme » d’Aurélie Foglia

 

« qu’un lecteur vous trépane
mange sa soupe
dans votre crâne

c’est normal

il ne faut pas s’en faire
un monde

si d’autres armés d’ongles
vous prélèvent et broient
les organes pour en exprimer
le sang à chaud

c’est bon signe

ils aiment »

 

(Aurélie Foglia, « Lirisme », p.24, in Catastrophe² poésie & matériaux de reconstruction, décembre 2019)

Pointe Sèche

de Johan Grzelczyk

 

ériger les arbres
réfléchir le ciel doucement

 

une pointe sèche ça gratte
ça grogne sur le métal grommelle
creuse ferraille
c’est pas qu’une simple imprégnation faut que ça écharde c’est pas comme avec un feutre
tu le poses sur ta feuille blanche et tu coules dessus tu écoules dessus une impression tu lèches le papier tu baves dessus mais
la pointe sèche
c’est différent
en gravure
ça veine un sillon ça nerve
ça fait des fleuves vides
ça prodigue
du limon

 

apaiser la terre
la rapiécer d’espaces libres
s’y tenir
tenir droit
se maintenir

 

mettre tous les verbes des poèmes
à l’infinitif
un infinitif
ne s’épanche pas
et c’est simple à comprendre c’est lié au fait 100% scientifique (j’ai fait des études) qu’un
infinitif c’est non-émotionnel
exemple
« apaiser la terre » vs « apaisons la terre »
le premier n’implique pas que t’y mettes du tien
pas de louche d’affects
pas de sujet transvasé transplanté
y’a pas de personne y’a pas de temps
y’a pas de moi
(on va dire ça comme ça)
et c’est un peu la pointe sèche
pas un épanchement émotionnel d’aquarelle
plutôt
de l’épluchage
(bien sûr il y a de l’émotion dans la gravure)
(et alors ? on a bien le droit de simplifier pour les besoins du raisonnement ?)
(non mais)

 

tomber la ville
creuser ses vides
l’emplir d’errances

 

alors c’est sec
alors c’est doux
alors c’est coriace
alors c’est en l’air
alors c’est caillouteux
alors c’est sinueux
alors c’est cérébral
alors c’est généreux
alors c’est limpide
il est question de produire du « déchet » autour des infinitifs
(de l’alluvion)
oui parce que le creux fait ses bourrelets
et donc les mots fleurissent comme
des patates on va dire


toucher au but incertain
construire les ruines

infester
gravir
pousser la lutte jusqu’à autrui

recouvrir
le débattre
ne plus quêter sa survie

 

les poèmes se finissent
comme une pierre qui tombe de la poche
ils s’en vont rejoindre un chemin
qu’on vient
de battre en brèche
ce qu’il y a partout chez Johan Grzelczyk
des petites brèches
ouvertes
qui craquent comme des allumettes

 

(Johan Grzelczyk, « Pointe sèche », éditions Pariah, 2020, https://pariahpropagande.bigcartel.com/products)

PS : je mets 10/10 pour la couverture du livre, noire comme du pain brûlé, mais plus nourrissante.

Texte ninja

collage. foutraque. des nœuds dans des nexus dans des nasses. un tas tout.
Le but du jeu c’est l’agglutinement – engloutissement le truc qui se mange lui-même
en s’écrasant.
les baleines ont ça échouées : leur cœur, leur petit cœur choyé éclate sous les trentes tonnes. ça doit être comme un grain de maïs sous pression.
Un bulldozer dans l’eau c’est pas si lourd mais après…

du coup l’objectif c’est de faire une baleine jusqu’à l’implosion de tous les serveurs du monde (qui n’arrivera pas)
(ça vaut le coup d’essayer)
un collage avec de la chair du net
de la chair pas nette du web
et des pièces d’écrivains des beaux morceaux choisis des sortes
de moelle
oui fallait bien une ossature un squelette pour pas se retrouver
avec juste un énorme blob phosphorescent
du monde des connexions
on a jamais autant écrit
partout
vrai
écrire on a jamais autant fait
« société de l’image » ouais c’est vite dit prenez le temps deux minutes de vous farcir les 8700 commentaires sous un TikTok
alors oui y’a une image qui amorce
mais au bout de l’hameçon c’est du texte qui mord
donc ici on va chercher ces textes qui trainent partout ailleurs
comme des animaux bizarres sous la patrie
d’un pseudo wtf
vous vous rendez compte vous tout ce que vous avez déjà écrit inconsciemment sur le minitel 3.0 ?
franchement des tonnes de peaux mortes trainent
entre les touches du clavier
ouais c’est comme des espèces de cendre
d’une nuée de phénix scrollant
que vous libérez chaque jour
du coup Texte.ninja c’est pour amasser
des preuves de tout ça
du tout ou rien
compilation hits de l’été broyeuse à viande machine à surimis concasseur surcouche amas d’amas
on tresse
collage. foutraque. des nœuds dans des nexus dans des nasses. un tas tout.
y’aura jamais assez de temps.

 

https://texte.ninja/